L’enfance, une traversée pour la vie

J’aurai le plaisir d’intervenir au Couvent de la Tourette le 25 janvier 2020, dans le cadre d’une rencontre sur le thème de l’Enfance, et sous l’égide de Bénédicte Descarpentries, psychanalyste.

Cliquer pour accéder à RT07-Lenfance_une_traverse_pour_la_vie.pdf

C’est un site fabuleux et un lieu riche d’une vie spirituelle et culturelle intense!

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Faites y déjà un saut avant la fin de l’année pour voir l’expo d’Anselm Kieffer…

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Jeunesse, recherche d’emploi : la difficile équation

Alors qu’en 2017, 22,3% de la population des 15/24 ans était au chômage (chiffres OCDE https://data.oecd.org/chart/5hxa), la question de la jeunesse n’a pas vraiment occupée les débats lors des dernières élections présidentielles.

Bien moins spectaculaire que la question de la délinquance, celle de l’emploi des jeunes et en amont de leur accompagnement vers la formation me préoccupent particulièrement.

En effet, intervenant régulièrement aux côtés de mineurs en difficulté, je constate que ceux-ci ont des positionnements souvent extrêmes : soit ils considèrent que l’avenir n’existe pas pour eux, du fait de leur origine sociale ou géographique, soit ils se projettent dans un avenir d’adulte idéalisé avec emploi, salaire et avantages divers, sans tenir compte des impératifs de formation et d’expérience.

 

Aussi, lorsqu’on m’a proposé d’être marraine de la promotion « Garantie Jeunes » de Juillet 2018 auprès de la Mission Locale de Villeurbanne, j’y ai vu l’occasion de travailler ces questions.

En 2 mots, le dispositif « Garantie Jeune » existe sur l’ensemble du territoire et est mis en œuvre par les Missions Locales au profit de jeunes entre 16 et 24 ans en situation de précarité économique.

Ce programme qui se déroule sur une année, consiste en un accompagnement vers la formation et l’emploi, avec attribution d’une allocation de l’ordre de 450€ par mois.

La quinzaine de jeunes rencontrés en juillet avaient vu leur dossier sélectionné en commission, afin que leur profil coïncide avec les objectifs de ce programme. Malgré ou grâce à cette sélection, je rencontre un groupe assez hétéroclite : Jonathan, 23 ans, diplômé à l’étranger sans repère en France et autolimité par des certitudes et des exigences, Romain, 16 ans, débrouillard, rigolard et déscolarisé, Safya, 24 ans, bachelière au Niger, cultivée et perdue dans les méandres administratifs français….

Peu de choses lient ces personnes, à l’exception de leur jeunesse ! Et pourtant, après 1 mois de prise en charge collective et globale (santé, gestion de budget, situation administrative, bilan de compétence, training entretien d’embauche, rédaction de CV…), c’est un vrai groupe que je retrouve, avec des révélations pour certains, beaucoup de travail pour d’autres mais déjà de sérieux projets pour tous.

Chercher du travail, c’est un vrai job, la jeunesse est une force et la diversité une richesse !

 

Pour plus de renseignements :

https://www.mission-locale.fr/

http://travail-emploi.gouv.fr/emploi/mesures-jeunes/garantiejeunes/article/garantie-jeunes-fiche-pratique

 

Les enfants autistes, quels droits en 2018 ?

Quelques données démographiques tout d’abord pour comprendre que les présentes questions sont tout sauf symboliques…

Bien qu’aucun recensement officiel n’ait jamais été réalisé, en France ce sont près de 700.000 personnes qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA), soit un français sur 100 et environ 150.000 enfants.

Sur 4 personnes atteintes, 3 sont de sexe masculin.

Comment s’explique cette sous-représentation des femmes parmi les personnes autistes ? Aucune cause scientifique ne justifie cette répartition, mais plus probablement la plus grande adaptabilité des femmes, qui de ce fait sont beaucoup moins diagnostiquées…

De même, plus de la moitié des personnes atteintes ne présentent aucune déficience intellectuelle.

Les personnes présentant un TSA sont donc nombreuses et pour la plupart d’entre elles invisibles… Sans compter toutes les personnes non diagnostiquées qui pourtant souffrent de l’impact de leurs troubles sur leur environnement social, familial etc.

Le Code de l’Action Sociale et des Familles définit le handicap non plus par la perte d’une fonction, mais par rapport au désavantage causé par ce handicap. « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » (article L.114 Code de l’Action Sociale et des Familles).

 

En reconnaissant le handicap, l’objectif poursuivi est d’ouvrir le droit à une compensation pour rétablir une égalité de droits entre les individus.

Or, malgré trois « plans autisme » et des fonds publics conséquents affectés, cette égalité est encore une lointaine perspective… Et ce ne sont pas seulement les associations qui le disent, mais la Cour des Comptes, dans un rapport déposé en décembre 2017 https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/20180124-rapport-autisme.pdf

La Cour souligne des failles persistantes dans la prise en charge des personnes autistes en France, indiquant ainsi que seuls 15% des enfants bénéficient à ce jour d’un diagnostic et de l’intervention précoce, c’est-à-dire d’un mode d’accompagnement fondé sur des méthodes éducatives et comportementales, voie aujourd’hui privilégiée. A contrario, d’autres voies sont encore trop souvent utilisées, à l’instar de la psychanalyse voire de l’hospitalisation en service de psychiatrie.

De même, si la scolarisation des enfants est en progrès, notamment par le biais de l’inclusion en classe ordinaire ou ULIS, les durées de scolarisation demeurent encore trop restreintes.

 

Mais le problème de base reste celui du diagnostic, puisque lui seul permettra d’une part une prise en charge thérapeutique plus adaptée et d’autre part la reconnaissance d’un handicap ouvrant droit à compensation.

 

Le combat pour l’égalité des droits doit donc se poursuivre…

 

Association Francophone des Femmes Autistes (AFFA) https://femmesautistesfrancophones.com/

Centre de Ressources Autisme Ile de France (CRAIF) http://www.craif.org/

autisme

La maltraitance des enfants, un sujet encore tabou en France

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La diffusion d’un documentaire ce mardi 13 septembre sur France 5 (http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/diffusions/13-09-2016_504239 ) est l’occasion de faire un point sur la question des enfants maltraités.

Malgré l’émotion suscitée par les « affaires » régulièrement évoquées d’enfants maltraités par leur entourage ou par des institutions, le dispositif législatif mais surtout les moyens alloués aux service police/justice/éducatif engagés dans cette lutte ne sont pas à la hauteur.

Faut-il encore observer que les violences physiques ou psychologiques contre les enfants ne sont pas l’apanage de catégories socio professionnelles défavorisées et encore moins de milieux culturels non français ?

Faut-il encore rappeler les obligations morales et réglementaires des professionnels de l’enfance (instituteurs, médecin scolaire, assistants sociaux, éducateurs…) de dénoncer les faits dont un enfant pourrait être victime ?

Au cours du reportage évoqué plus haut, le Commandant de police Guy BERTRAND, de la Brigade de Protection des Mineurs de PARIS, rappelait que dans le contexte actuel où les faits de maltraitance sont déjà difficiles à identifier, les personnes dénonçant des faits erronés ne sont pas poursuivies.

Au-delà de ce constat d’opportunité, il faut souligner que pour caractériser le délit de dénonciation calomnieuse il faudrait que les faits dénoncés n’aient pas donné lieu à condamnation (ce qui, faute de preuve, peut arriver), mais surtout que la dénonciation ait été réalisée avec une intention de nuire.

Tel ne sera pas le cas du professionnel de l’enfance qui s’interroge sur les traces de coups constatés sur un enfant et a pour intention première de protéger celui-ci…

 

En tout état de cause, un appel au 119, plateforme téléphonique gratuite, accessible 24/24h et 7/7jours (http://www.allo119.gouv.fr/ ) permet de transmettre une information préoccupante et de répondre aux questions de ceux qui ont pu détecter de la souffrance chez un enfant.