Les enfants autistes, quels droits en 2018 ?

Quelques données démographiques tout d’abord pour comprendre que les présentes questions sont tout sauf symboliques…

Bien qu’aucun recensement officiel n’ait jamais été réalisé, en France ce sont près de 700.000 personnes qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA), soit un français sur 100 et environ 150.000 enfants.

Sur 4 personnes atteintes, 3 sont de sexe masculin.

Comment s’explique cette sous-représentation des femmes parmi les personnes autistes ? Aucune cause scientifique ne justifie cette répartition, mais plus probablement la plus grande adaptabilité des femmes, qui de ce fait sont beaucoup moins diagnostiquées…

De même, plus de la moitié des personnes atteintes ne présentent aucune déficience intellectuelle.

Les personnes présentant un TSA sont donc nombreuses et pour la plupart d’entre elles invisibles… Sans compter toutes les personnes non diagnostiquées qui pourtant souffrent de l’impact de leurs troubles sur leur environnement social, familial etc.

Le Code de l’Action Sociale et des Familles définit le handicap non plus par la perte d’une fonction, mais par rapport au désavantage causé par ce handicap. « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » (article L.114 Code de l’Action Sociale et des Familles).

 

En reconnaissant le handicap, l’objectif poursuivi est d’ouvrir le droit à une compensation pour rétablir une égalité de droits entre les individus.

Or, malgré trois « plans autisme » et des fonds publics conséquents affectés, cette égalité est encore une lointaine perspective… Et ce ne sont pas seulement les associations qui le disent, mais la Cour des Comptes, dans un rapport déposé en décembre 2017 https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/20180124-rapport-autisme.pdf

La Cour souligne des failles persistantes dans la prise en charge des personnes autistes en France, indiquant ainsi que seuls 15% des enfants bénéficient à ce jour d’un diagnostic et de l’intervention précoce, c’est-à-dire d’un mode d’accompagnement fondé sur des méthodes éducatives et comportementales, voie aujourd’hui privilégiée. A contrario, d’autres voies sont encore trop souvent utilisées, à l’instar de la psychanalyse voire de l’hospitalisation en service de psychiatrie.

De même, si la scolarisation des enfants est en progrès, notamment par le biais de l’inclusion en classe ordinaire ou ULIS, les durées de scolarisation demeurent encore trop restreintes.

 

Mais le problème de base reste celui du diagnostic, puisque lui seul permettra d’une part une prise en charge thérapeutique plus adaptée et d’autre part la reconnaissance d’un handicap ouvrant droit à compensation.

 

Le combat pour l’égalité des droits doit donc se poursuivre…

 

Association Francophone des Femmes Autistes (AFFA) https://femmesautistesfrancophones.com/

Centre de Ressources Autisme Ile de France (CRAIF) http://www.craif.org/

autisme

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